School-Day

Thérapie clavier

Lundi 12 mars 2012 à 21:50

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H.NAOTO Photoshoot Vol.V

12 Mars

Je sors la tête de chez moi, l'esprit fatigué d'une nuit blanche et les cernes mélangé à un trait de liner noir baveu. Un pied dans la rue puis je claque mes joue pour me donner un coup de fouet pour ne pas laisser mon cerveau s'envoler et ne pas me transformer en automate.
''Courage, la journée sera courte, tu finis juste après la cantine aujourd'hui !''
La cité des livres qui rêvent dans le nez, j'approche des environs de mon lycée. Sans même regarder où je vais, mes jambes suivent un chemin qu'elles connaissent depuis longtemps par coeur.
Bien que je Sur-Adore ce livre, j'ai l'impression de le lire assez lentement je l'ai commencé il y a deja quatre jours et je n'ai même pas atteint la moitié du livre. Il faut dire aussi que je ne suis pas habituée à lire de tel pavé.
Quand je relève la tête, je vois Marie à quelques pieds des miens, elle se retourne au même moment. Je m'accroche à son bras et replonge mon museau entre les lignes, me laissant guider.

EPS :
Disneyfan est déjà devant les portes du gymnase, nous voyant elle se lève et trottine vers nous. Marie qui ne l'aime pas trop fait demi tour pendant que Disneyfan attrape mon bras et me traîne d'un pas pressé vers les portes où elle s'écroule en les faisant trembler.
«-Assieds -toi ! Alors ça va mieux dans ta vie ?
-Dan..
-Moi ça va pas, en ce moment. (Incroyable j'ai même pas eu le temps de placer plus de deux syllabes) Tu vois je vais voir Machin ce midi, pour qu'on mange tous les deux, j'aime le voir tu vois mais (Et c'est reparti...)Quand je suis pas avec lui, j'me fais trop des films tu vois ? (Lalala ♫) Je lui fait plus confiance après la crase qu'il m'a fait ! (Son copain la tromper, toute l'école le sais, et je pèse mes mots, les amis, des amis, des amis des les élèves du lycée le savent aussi.) Et pourtant quand je l'ai rencontré pour la première fois, c'était une merde ! Il foutait rien, il prenait pas soin de lui, il attendait que sa mère lui paye tout ! Et moi tu vois je lui donnait un avenir, c'est grâce à moi qu'il à trouvé un travail, c'est moi qu'il l'est obligé à mettre plein de CV à Mcdo et à Quick (Trop cool son ''Avenir'', j'veux trop le même...). Toi qu'est-ce que tant pense ? (Ah ? J'ai le droit de parler?)
-Je p'...
-Je sais trop agressive, craintive ?
-Peureuse ?
-Ouais, alors que je lui ai offert tout...Encore s'il me l'aurait dit tu vois... ''Faute avouez à moitié pardonner'' ! (Je dirais plus ''Si la jeunesse est une maladie on en guérie bien vite''). Alors que c'est Machine qui me la dit ! Tu te rends compte? Elle !
-Qui ?
-Tu te fous de moi ? Elle est dans la classe.
-Aaaah ! (Elle parle de Doggy, j'avais complètement oublié son vrai nom....Cette concierge si elle s'occupait de son C*l parfois.)
-Bref, Blablablablabala »
J'ai regrette d'être arrivé si tôt...
Le prof arrive enfin on peut entrer dans le gymnase. Disneyfan qui m'a apparemment déclaré comme confidente de la journée ne ma lâche plus, et surtout m'assomme avec son blabla qui n'en finit pas. Comment fait elle pour avoir autant de salive ?!
« J'ai besoin d'un câlin... »
Je lève légèrement les mains pour lui dire ''Vas-y''. Elle s'écroule sur moi en me donnant au passage un coup d'épaule dans le nez.
Elle se redresse et me caresse la tête :
« -T'a les cheveux secs !
-Et alors ?
-C'est bizarre on dirait de la paille (T'exagères...) Ça donne un effet gras !
-Tu trouve que j'ai les cheveux secs alors j'ai les cheveux gras?
Elle ignore ma réponse et continue en me pinçant les vêtements
-Et tes fringues ! Franchement tu prends pas soin de toi ! T'es jolie c'est pas pour rien !(Elle veut me donner un avenir à moi aussi?) Ah ouais je pourrais t'emmener avec moi voir Machin comme ça je pourrais t'embraser devant lui pour le rendre jaloux. Hihi (Ouhou ! Il se sent bien ton cerveau ou t'a préféré te le mettre dans le fion pour avoir un plus gros c*l?! Alala je m'emporte...) Oh ! Oh ! Viens on va se faire des passes !! »
-Oh non pas de sport...
J'en ai franchement ras la casquette, bon sang qu'est-ce qui m'empêche de l'envoyer promener ?!
« -Aller !! Viens !! T'es maigres toi au moins ! »
Ah, ça c'est déjà plus intéressant à entendre, la pauv' petite toujours aussi complexé par ces rondeurs, elle ne pourra jamais vaincre ces gênes.
Disneyfan attrape un ballon et m'oblige à lui renvoyer la balle comme dans une compétition de volley-ball, je n'ai jamais eu la flamme de la compétition et n'ai jamais réussi à trouver la bonne réaction aux sportifs qui essayent de me faire partager leurs...Folie !
« -Aller plus haut les bras !!
-Je fais d'mon mieux...
-Ah donc tu vois, machin, avant il attendait qu'on lui paye tout tu vois ? (Ba comme toi non ? Enfant gâté! T'a eu combien de portable qui on dépassait les 500 euro durant les deux dernières années? Moi j'ai compté quatre ! Quatre !! QUARTE !!!!) Grace à moi il a eu un super boulot...Blablablablabalablbllablablablablala.
Je pousse mon dernier soupir, j'esquive la balle « Bah !Qu'est-ce que tu fous? » je la laisse aller la chercher et me tire.
J'ai fait des efforts. Sincèrement. Non je l'ai quand même crié des insultes sans même qu'elle sans doute. J'y arrive plus. Faire semblant me gonfle. Je préfère m'isoler plutôt que de faire une crise d'urticaire pour leur faire plaisir.
La cité des livres qui rêvent sur les genoux, je suis mon dragon favoris en proie à une mort proche. Survie ! Le livre est loin d'être à son apogée ! Tu ne peux te contenter d'une fin aussi anonyme !
Le prof pose sa main en sueur sur ma joue, me faisant sursauté comme jamais. C'est sûr, un truc humide et collant me surprend alors que j'assiste à un combat épique entre deux limaces gigantesques à quinze bras dans une grotte sans queue ni tête dans le noir recouvert jusqu'aux hanches de...Ah! Faut pas que je raconte la suite ! J'adore ce bouquin !
«-Tout le monde est déjà parti cocotte
-!
-Haha c'est si bien que ça ? Je peux ?
Je lui tends le livre, qu'il retourne aussitôt pour lire la quatrième de couverture. Un truc que je ne fais jamais, c'est tellement mieux de tout découvre au fur et à mesure !
Je le vois lire les yeux plisser et en articulent des mots de ses lèvres sans sortir de son.
Il me le rend
«-C'est bien ?
-J'adore. »
Il sourit et me raccompagne jusqu'à la porte.
« Allez à plus cocotte ! »

Math :
J'arrive juste à temps.
De ma place j'attends le dos droit que la prof me regarde, pour tenter de me consentir à entreprendre une activité.
Elle finit par poser les yeux sur ma présence immobile :
« -Et ton chapeau alors ?
-Humm...
-Je croyais que tu allais utiliser du papier mâché ?
-Je l'ai fait.
-Ba c'est où ?
-J'ai laissé tomber.
-Tu as laissé tomber ?! Mais pourquoi ? »
Je hausse les épaules, elle aurait bien continuer, mais mes camarades suscitent de trop forte attention pour que la prof réussisse à me parler plus de cinq minutes. Et ça je le sais bien.
Elle me fait finalement faire des cubes en papier de couleurs pour les autres qui ne trouvent pas quoi faire comme décoration sur leurs chapeaux.
Je m'amuse enfantinement à détruire deux sur trois de mes cubes.
Doggy, arrive soudainement vers moi en pointant du doigt un mini cube rose :
«Oh c'est trop mignon!»
A peine finit sa phrase que j'écrase le petit cube et fait un panier dans la poubelle à l'autre bout de la classe. Doggy s'enfuit dérouter par ma réaction. Moi non plus je ne sais pas trop qu'elle était ce réflexe de bulldozer en culotte courte :
«-On ne lance pas de papier à travers la salle!»
-Pardon madame.»

Cantine :
Je me place au bout de la table. Je l'ignorais, mais presque que tout le lycée est en période de stage, il ne reste sûrement plus de trois ou quatre classes. Je pourrais en profiter pour commencer à manger à ma propre table. Je n'aime pas manger isolé mais, je n'aime pas non plus me ranger avec elles en permanence. Et à mon avis elles non plus. Qui aimerait la présence de quelqu'un lui fait la gueule du jour au lendemain à sa table chaque jour ?

Dehors, le ciel est bleu, le soleil Généreux . Les beaux jours reviennent.

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Dustin O'Halloran
Opus 23


Jeudi 8 mars 2012 à 22:54

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7 Mars
La journée vient à peine de commencer que déjà ma literie de nuage me manque. Et mon dos me le fait savoir. D'après mes cours de PSE c'est un T.M.S. qui peut être dû aux stress.
Mais un stress que je ne ressens pas. Je n'ai jamais vraiment su la définition du stress. Je n'ai non plus jamais dit « Je suis stressée ».
Au collège, les « Oalala j'ai trop peur du contrôle !! » et « Faut qu'je reviiise !! » me laissaient de marbre. Je ne comprenais pas mes camarades qui faisaient les cent pas jusqu'à en suer de détresse. Les choses marchent d'une manière logique, la connaissance ou l'ignorance.
Pourquoi se mettre des poids de vingt kilos sur le dos comme réaction à la peur d'un simple poly copié ?
« T'es trop blasée ! » Qu'on m'répondait.
M'enfin c'est pas avec des 18 de moyenne que j'ai atterri en CAP... Alors, en y repensant j'aurais peut-être dû faire comme le groupe et apprendre, au lieu de me passionner pour les nuages.

J'arrive au lycée en avance, aucun élève à l'entrée ou dans les couloirs.
Devant la porte de ma salle, je pose ma tête contre le mur et ferme les yeux quelque instant. La fatigue est telle que même dans ce couloir froid et vide, je me sens bien.
En entrouvrant les paupières la silhouette de Doggy avance vers moi. Je me pose sérieusement la question si je fais semblant de dormir pour ne pas à lui parler, ou assumer ma présence comme devrai le faire un être vivant.
Elle me fait un signe de la main auquel je lui réponds, puis elle se laisse glisser contre le mur pour venir s'asseoir à ma gauche.
Au bout de quelques secondes elle me tapote le bras, j'enlève un écouteur pour pouvoir l'entendre :
« -Pourquoi tu t'éloigne de nous ?
-...C'est-à-dire ?
-Ba des fois on te parle tu réponds pas, tu restes presque plus manger avec nous tu pars tout de suite ou tu manges pas du tout. Et y'a ton regard !
-Qu'est-ce qu'il a mon regard ?
-T'a un regard de tueur.
-...Nnn...Non...Enfin...
-T'a quoi ? T'es fatiguée ?
Je suis lasse, j'en ai marre, j'en veux plus, j'en peux plus. Je veux plus ''Traîné'', je veux plus perdre mon temps, mes journées. J'ai décidé de rejeter cette amitié que je considère aujourd'hui comme frivole, superficielle et girouettique à avoir le mal de mer. Oublions vite.
-Je...J'ai rien. »
D'autres filles de la classe arrivent coupant court à la conversation. Après Disneyfan c'est maintenant Doggy qui veut me ramener au sein du troupeau...

Français :
La prof qui manque de notes pour mon dossier, me donne un contrôle, avec à la fin une expression écrite sur « A quoi servent les études ? »....
J'ai un peu séché sur le coup...
Marie qui est assise à côté de moi :
«-On fera quoi ce soir ?
-Ce soi...
Ah ! J'avais complètement oublié, hier elle m'a dit « Tu viens un jour chez moi ? ». Je lui ai demandé quand
«-Quand tu veux
-Ok demain, ça te va ?»
Pourquoi j'ai dit ça ?! On est ''Demain'' aujourd'hui !! J'ai pas envie d'aller chez elle, elle habite à l'aut' bout du monde en plus.
-On verra.
-Oui. »

Enseignement professionnel :
La cloche a déjà sonné depuis longtemps, ma classe et moi, nous stagnons devant la salle fermée. J'aime bien être juste, à côté du groupe. Je suis seule sans l'être complètement. En boule à un mètre de la plus proche, j'apprécie cette distance, je la savoure.
Un surveillant s'avance vers nous, «La prof a une heure de retard» A t-il dit.
Les autres sautent de joie, puis se plaignent, pour ressauter ensuite.
Vu que je n'habite pas à trois heures du lycée comme beaucoup j'en profite pour rentrer chez moi, chercher mon livre et voir mon chat.
Je confie mon sac à Disneyfan, qui va aller faire une petite sieste :
«-Je peux l'utiliser comme oreiller ?
-Fais-toi plaisir.»
Chez moi, j'ai bien pris mon temps avant de repartir. Je pris même le temps de commencer mon livre ''La cité des livres qui rêvent''. Moi qui en général n'aime pas le fantastique, lui, me séduit. Son écriture simple et droite fait très enfantin.

Le nez entre deux pages, je me mise enfin en route.
Absorbée par une histoire de dragon écrivain au chevet de la mort je n'ai pas vu les contrôleurs de la RAPT qui faisaient barrière. Je me cogne à l'un deux, en me prenant mon livre dans les dents. Je m'incline pour m'excuser et sors ma carte de transport et lui tend. Il fronce les sourcils et hausse les épaules. Je ne comprends pas où il veut en venir alors je retire mes écouteurs pour l'écouter.
Le voilà qui s'énerve en faisant de grands gestes :
«-Ba oui !! Ba oui !!! A être dans ton monde, voilà !! Non mais quand même ! Tu sais un jour il va t'arriver un truc treees bizarre !! Et tu sais c'est quoi ?!!
Hein ?! Hein ?!
-Tomber sur les rails ?
-NAN ! Tu ne verras même plus le monde extérieur ! »
Il hausse les épaules encore une fois, je le prends comme un signe et m'enfuis le regard bas embarrassés par le regard des passants. Un sentiment de colère me monte au front. De quel droit ? De quel droit me parle t il sur ce ton? Quel homme grossier. Qui il est ?! D'où il sort ?! Mais c'est pas tout, encore le fameux ''Tu vas être seule'' qui revient. Et alors ? Quel est le mal ? Être seule? Sa petite bulle, son petit château, son univers. Qui sont ces gens qui me poussent vers le troupeau ?
Je ne suis pas un arbre qui se doit d'être dans une forêt bien rangée.
Je ne suis pas un arbre, je n'ai pas besoin de racine, de je ne sais quel pays, de je ne sais quelle histoire.
Qui sont ces sombres inconnus qui me mettent en garde contre ma Solitude comme si elle était mauvaise. C'est avec elle que j'ai créé, imaginé. C'est avec elle que je rêve d'une verdure flamboyante, vive et magnifique se découvrir sous mes pas et recouvre le béton.
L'entend t il ma Solitude ? Elle hurle de douleur, elle pleure, à force de vouloir me l'arracher. Je veux rester avec elle, rien qu'avec elle. Marie peut aller se faire voir. Avec ces idées de pyjama party. Voilà que je n'ai même plus envie de lire Quel idiot ce type. Je ne me souviens même plus quelle tête il avait. Parce que ''je vis dans mon monde'' après tout.

Enseignement Professionnel :
La prof nous a fait un Topo sur les portes ouvertes du lycée. Le lycée chercher des hôtesses qui guiderons et présenterons les professions aux parents/enfants. J'ai pensé pendant un instant à me présenter mais j'ai ravalé ma langue en imaginant les parents mal polie et les ados débiles,
sans parler des questions auxquels je ne serai pas répondre.
De toute façon la prof m'annonce qu'elle m'a choisis pour être celle qui va rester dans la classe et parler et présentation de ma formation.
Ma classe aura également beaucoup de choses à présenter. Des vestes en velours côtelé avec des shorts assortis, des coiffes à réaliser avec la prof de math, des poèmes avec la prof de Français, sans parler des boléros pour les terminal Bacpro.
Le peu de temps qu'il reste est consacrée à la réalisation de la fameuse veste velours.

Cantine :
Je suis restée aider la prof à ranger l'atelier. Ces ingrates on tout laisser traîner derrière elles pour mieux aller bouffer.
A table
J'avale vite et peu, pour partir vite.
L'idée farfelue de m'installer dans la cour intérieure du lycée me traverse l'esprit. Il ne fait pas très froid aujourd'hui et le vent ne s'engouffre pas.
Je m'installe sur un banc pour bouquiner.
Quelque temps après une sombre inconnue se porte devant moi, je lève les yeux. C'est alors qu'elle pointe la baie vitrée du premier étage des escaliers E. Disneyfan, doggy et Monkey font de grands signes « Monte ! Monte ! »
En y repensant j'aurais dû faire mine de venir mais prendre l'escalier C pour rester seul. Mais je n'y ai pensée qu'après.
Elles sont toutes trois, plus Pepito que je n'avais pas vue d'en bas, étalées sur les marches empêchant tout passage. Monkey me prend par la main et me dépose en amont du groupe.
« -Quoi ?
-Assieds-toi, Assieds-toi. On va parler de truc et d'aut' truc. Voilà. »
Elles reprennent alors leurs conversations, qui m'ont vite exaspérée
« Y'a Sylvester Stallone qui faissait des films PORNO dans sa jeunesse pour vivre ! »
« Ça serait trop bien si le Chocolat qui faisait pas grossir existe ! »
T'a qu'à manger de l'air si tu veux pas grossir !
Je me suis tue, formé ma bulle et monté le son avant d'ouvrir mon livre.
Elles ne m'ont rien dit, comme si la chose qu'elles voulaient était juste ma présence, désagréable ou non, bavarde ou non, les écoutant ou non, les aimant ou pas.

PSE :
Le contrôle de la dernière fois n'est toujours pas terminé. Je languis sur ma chaise et n'écoute pas la correction. La malchance a voulu que je sois au premier rang. La prof insiste pour me faire participer en m'interrogeant à répétition. J'ai bien voulu jouer le jeu au début, mais vite irritée, je bloque ma réponse, la regardant droit dans les yeux pour lui communiquer mon agacement. La prof répète mon nom et la question, mais sans réaction de ma part. Elle finit par jeter l'éponge en lançant cette phrase « Tu sais parfois ton manque de communication est inquiétante »
Ma communication va très bien, j'ai le droit d'être énervée et de faire la gueule.

Français : On travaille sur les poèmes qui seront affichés lors des portes ouvertes. Je n'aime pas ce j'écris, je balance n'importe quoi, tant pis, ça ira.

Anglais :
Le prof est absent, il s'occupe de l'oral des Bacpro. Y'en à que pour eux dans le lycée.
Je suis la seule à rentrer, les autres profitent de la salle ouverte avec les ordinateurs pour aller sur leurs profils FaceBook.
Doggy me fait un signe d'au revoir, je détourne le regard et disparais derrière la porte.
Épuisée je me suis couchée très tôt.

Lundi 5 mars 2012 à 23:24

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5 Mars

Ma mère me réveille en chuchotant :
«Chérie ? Il y a machin qui dort dans ma chambre alors n'y va pas, d'accord ? T'inquiète pas, il dort et ne se réveillera pas avant longtemps. Tu te lèves hein ? Tu sèches pas, hein ? Et tu as rendez-vous chez Ophtalmo à 9h30, ne sois pas en retard hein ? Bisou. »
J'ai grommelé pour répondre à toutes ces questions.
Ne me faissant pas confiance elle a pris soin de poser le téléphone près de mon oreiller avant de partir.
Quand j'ai entendu la porte claquer, je me suis mise sur le dos, les bras mous, les yeux tournés vers le ciel. Je me suis noyée quelque instant dans le son, suffoquée avec délectation dans les notes divines de Debussy.
Dès les premières secondes, où j'ai entendu Clair de Lune, jamais je ne m'en suis lassé.
C'était il y a bien longtemps déjà.
Je n'aime pas trop ces moments, où je suis dans l'obligation de constater à quel point le sablier s'est vidé.

Une fois levé, je me prépare comme d'habitude avec amour mon café avec une gorgée de lait du matin. Je bois à courtes gorgées bloquées par la trop forte chaleur de ma boisson mais sans sourire aux lèvres. Le couloir qui empeste le tabac me persuade que Machin est bien levé et attend caché dans la chambre de ma mère que je m'en aille.
Ça m'énerve que ma mère qui m'a confié mainte et mainte fois qu'elle déteste au plus au point cette odeur chez elle. Pourquoi le supporte-elle juste pour "Lui" ?!

Au moment de partir, j'ai vu mon chat qui avait passé toute la nuit dehors gratter à la fenêtre. Je lui ouvre et la prends dans mes bras. Même si la nuit fut froide et le matin glacer, mon chat elle était chaude.
«Ma chaleur.» Comme j'aime l'appeler.
Je suis finalement un peu tard, dans la rue j'imaginais, Machin sortant la tête discrètement vérifiant bien qu'il n'y est plus personne pour s'emparer des lieux.

Chez mon Ophtalmo, le test de vision n'a pas révélé de baisse, et c'était bien la première fois. A croire que ma vue s'est enfin stabilisé.
Mon Ophtalmo m'a proposé des lentilles pour la journée, j'ai acquiescé en prenant compte qu'ensuite que c'est lui qui me les poserait.
J'ai d'abord pensé à faire marche arrière mais je me suis dit que ce serait mal polie. Quelqu'un avec une plus forte personnalité que moi aurait osé.
«Ne bouge pas.» C'est simple trois mots suffissent à faire trembler des centaines de gens.
Il m'a bloqué la tête, chopé mes paupières avec deux doigts et a mis la lentille avec énormément de facilité.
Alors que je peux passer une demie heure à me battre avec ce petit bout de plastic jusqu'à ce que mon œil vire au rouge, lui dès la première pause c'est parfait. On reconnaît les pro.
La route entre mon lycée et le métro est en travaux et toute cabosser, mais il en ai de même entre le métro et chez moi.
La chaussée occupée, je marche au milieu de la route. Somnolente mais pas folle pour autant je me retournais régulièrement pour vérifier si aucune voiture n'était sur mes talons.
Je ne veux pas aller en sport, surtout pour seulement cinq minutes. Je suis allée m'installer par terre dans le couloir en face de la salle de math.
J'ai commencé ce matin même un nouvel Amelie Notomb, c'est fou l'amour que j'ai pour ces livres. Celui qui est sur mes genoux est "Une forme de vie".J'aime, tout simplement j'aime ces livres et j'aime celui-ci !
Les premières filles de ma classe arrive, Pepito et sa copine qui me rebat les oreilles avec ces Ex et les mecs qui la coursent. Je ne lui ai jamais donné de nom par « la fille vulgaire, mais c'est nul, il faut autre chose. "Marie" lui ira bien. Pourquoi Marie ? Son nom comme la miens en est une variance. Et l'expression "Marie-couche-toi-là" lui va bien.
Comme a leurs habitudes, elles ne passent à côté de la question qui les obsèdent :
«-T'as un copain ? »
Je pourrais facilement faire un top 10 des questions qui, à la fois m'énerve et qui reviennent tout le temps.
Bien que je ne leur ai pas répondu, elles se sont satisfaites avec les nouvelles arrivantes.

Math :
Monkey arrive, « Coucou♡ », je lui envoie un regard non partager mais ne le vois même pas, sa faible attention s'est déjà détournée vers quelque chose d'autre.
Si je lui avais envoyé un sourire ça m'aurait énervée mais qu'elle ne voit pas l'absence de sourire m'énerve encore plus.
Je m'énerve peut-être trop. Pour rien.
La prof nous donne des exercices à faire sur l'ordinateur, privilégiée je m'assois au bureau de la prof. De toute façon, elle n'a pas le temps de s'asseoir puisqu'elle court dans tous les sens pour satisfaire les exigences enfantines de mes camarades. Avec le bruit, les cancans, les jacassements, je n'arrive pas à me concentrer sur ce petit exercice.
Je me crée alors une petite bulle avec mes écouteurs. J'ai depuis mon réveil une envie folle d'écouter du piano.
Disneyfan qui se languit se lève et vient vers moi, pour ne rien faire de plus intelligent que de me tripoter les cheveux en répétant « Ça va ? Ça va ? Ça va ? »
Je tape du poing sur la table, ce qui la fait s'enfuir en gloussant.
Bon sang elle a quel âge ?!
Je soupire en regardant ma montre, le temps est si long.
Vers la fin de l'heure, la prof m'a dit ces mots :
« Tu ne dois pas te couper des autres comme ça, ils n'ont peut-être rien à t'apporter mais toi tu peux leur apporter beaucoup. »
J'ai haussé les épaules l'air indifférente, mais je n'en ai pas cogité pour autant.
J'ai déjà tenté le coup, mais quand j'explique fièrement le pourquoi du comment tout rentre dans le crâne, mais ressort aussitôt. A quoi bon parler à des murs ?
Comment font les professeurs pour supporter ça ? C'est si frustrant...

Cantine :
J'ai pris deux morceaux de pain et suis partie. J'ai été à la fois contente et déçue que personne ne s'en préoccupe.
Un mélange de « On en a plus rien à foutre de moi ? » et de
« Ouf elles me foutent la paix ».
Je me trouve bien égoïste.

PSE :
Au fond de la classe, là non plus je n'existe pas. Je profite même de cette invisibilité pour écouter la radio à la recherche de son de Piano.

Interprétation :
Thomas Labé
Clair de lune, Claude Debussy


Dimanche 4 mars 2012 à 0:42


http://school-day.cowblog.fr/images/2/unicorn.png3 Mars
Il y a peu, j'ai revu Monkey. Elle m'a invitée au McDo, je n'ai rien commandé prétendant avoir déjà mangé.
Sur une table trop haute pour ma petite taille, on a parlé, ou je l'ai plutôt écoutée.
Cela a toujours été comme ça? L'ai-je toujours bêtement écouter déblatérer sur ces petites querelles avec sa mère et les dernières prouesses de sa chanteuse préférée?
Je me suis tenu la tête, pour plonger mes yeux dans le noir, l'odeur de la graisse fumante me donnait le tournis. Et ce bruit, il résonnait par cinq fois dans mon crâne.
«Ça...Ça va?»
Je lui ai chuchoté, que ma fatigue me pesait et qu'il était préférable pour moi de rentrer. Ça l'a inquiétée et elle me raccompagna jusqu'au métro.
Elle me dit ça avant que je parte :
«Tu sais faire mal aux gens, ton regard. Des fois, on dirait que tu nous à toujours détestées.»
Je ne suis restée que deux heures avec elle.

La rentrée est pour lundi, je n'ai pas hâte de retrouver les autres.
Mais j'ai hâte de récolter le fruit du dur labeur de mes journées passées à travailler à la bibliothèque. Les examens blancs se rapprochent à grand pas, et je les attends d'un pied ferme et confiant.

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